Cette partie méconnue d’Indre-et-Loire est jalonnée d’étapes charmantes loin de la pression touristique. Jolis villages, petits châteaux, points de vue naturels, nos conseils pour une échappée tourangelle.
Au nord-ouest de la ville de Tours, entre la Loire langoureuse et les vallons angevins, se trouve une région paisible et belle : la Touraine angevine. Ici, pas de cars de voyageurs, ni de magasins d’attrape-touristes, mais une campagne sans prétention qui donne à voir la douceur de vivre tourangelle et ravira les amoureux d’histoire. Cette partie orientale de l’Anjou fut rattachée à l’Indre-et-Loire en 1790 lors de la création des départements français. Elle vit depuis loin du tumulte, comme à l’écart du monde. Rien n’y est spectaculaire, tout y est calme et pittoresque. En amoureux ou en famille, on se repose dans un cadre poétique et on s’émerveille d’une région aux charmes désuets.
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Bréhémont, un port sur la Loire
L’église construite à hauteur de levée vaut au village d’être aperçu de loin. La légende raconte que, lors de sa construction, un généreux donateur exigea que le chœur fût orienté à l’ouest pour surveiller depuis chez lui qui allait à l’office. Bréhémont est d’ailleurs une des bourgades de Touraine qui a le mieux conservé son patrimoine architectural. Son port monumental donne à voir un fleuve plus sauvage que jamais. Construit autour d’un quai à deux niveaux et de quatre cales pavées, on admire les bateaux en bois et à fonds plats traditionnels, les îles peuplées de castors mais aussi, au coucher du jour, «la belle lame d’or de la Loire» chère à Honoré de Balzac.
Les Bréhémontais gardent de leur glorieux passé une fierté qui s’exprime même pour ses urinoirs construits au XIXe siècle. À l’époque, ces aménagements urbains hygiénistes étaient révolutionnaires, chaque café avait son édicule et même le prêtre avait réclamé le sien pour les envies pressantes des sorties de messe.
Le restaurant La Cabane à Matelot propose une cuisine raffinée autour des poissons de Loire. Sur place ou à emporter.
Tél. : 09 51 30 22 68 ; les-pecheries-ligeriennes.fr
Pour un pique-nique, leur boutique est ouverte du lundi au samedi de 10 à 18 heures.
Les plaisirs de Langeais
Langeais est une ville construite autour d’un château fort lui-même surplombé par un donjon, le plus vieux de France encore debout. Visiter le château de Langeais ravira toute la famille. L’amateur d’histoire découvrira les secrets du mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne, mariage qui eut lieu en catimini et rattacha une bonne fois pour toutes la Bretagne au Royaume de France. Du haut du chemin de garde, à travers les mâchicoulis, on admire une vue splendide sur les toits d’ardoises de la ville. Les enfants adoreront enfin les jardins, notamment la cabane perchée dans un majestueux cèdre du Liban.
Le dimanche, jour de marché, Langeais devient une étape particulièrement gourmande. Sous les halles, on déguste les délicieuses spécialités régionales : asperges, fromages de chèvres ou cochonnailles. Face au château, les confiseurs de la Maison Rabelais préparent la friandise emblématique de la ville, les muscadins : une cerise confite enrobée d’une crème de marrons, de kirsch et de chocolat.
À La Maison des vins , 15, rue Gambetta, vous êtes accueillis par la très conviviale Claudine pour choisir et goûter de bonnes bouteilles de bourgueil. Tél. : 02 47 50 54 20 ; ouvert le samedi de 11 à 13h30 et de 14 à 17h30 ; le dimanche de 10 à 13 heures.
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La poésie de Gizeux
Du XIIIe au XVIIe siècle, la famille du poète Joachim du Bellay fut à la tête de la seigneurie de Gizeux, un petit Versailles local. D’une longueur rare, le château est précédé d’une tour isolée et prolongé par des communs presque encore plus beaux que le château lui-même. À l’intérieur, on admire avec émotion les fresques de La Galerie des Châteaux, réalisées à la fin du XVIIe siècle par une école de peinture. Tous les mardis d’été, à 21 heures, les habitants du château (la famille Contades, aujourd’hui De Laffon, propriétaire des lieux depuis 1723) se costument et accueillent les visiteurs aux chandelles. On se laisse alors transporter dans l’histoire, le temps d’une soirée d’été et à la lueur des bougies.
Gizeux vaut aussi le détour pour son église où l’on admirera les orants grandeur nature réalisés par le sculpteur tourangeau Simon Guillain. Au village, quelques commerces dont un bistrot sympathique, de jolies maisons de pierres de taille et une charmante petite mairie valent amplement la balade.
Séjournez au château de Gizeux dans une ambiance familiale, alliant authenticité, confort et calme. Chambre à partir de 130,50 €.
Tél. : 02 47 96 45 18. Ouverture annuelle le 15 mars 2023.
Les trophées de chasse de Champchevrier
On accède au château de Champchevrier par une longue ligne droite qui traverse une forêt de chênes et il n’est pas rare de voir s’échapper une biche ou un cerf. À l’emplacement de cette demeure se trouvait jadis l’une des principales forteresses médiévales de Touraine qui contrôlait alors le grand chemin de Bretagne. À la Renaissance, le Comte de Lude, Jean de Daillon, transforme les bâtiments en vaste logis caractéristique de la Renaissance. Ici, comme à Gizeux, une même famille occupe les lieux depuis près de 300 ans donnant aux lieux un prestige particulier empreint d’une forme de mélancolie. Haut lieu de vénerie, Champchevrier abrite le plus ancien équipage de chasse à courre actuellement en activité fondé en 1804.
Le chenil de Champchevrier abrite 70 chiens de chasse et se visite toute l’année. Vous pouvez assister à la soupe des chiens, les jeudis entre le 15 juillet et le 15 août à 17 h 30. Une attraction peu commune qui séduit les enfants.
Les vestiges romantiques du château de Vaujours
Château-la-Vallière, le nom de la ville dont dépendent les ruines de Vaujours, titillera les amateurs d’histoire. Naguère dénommée « Châteaux-en-Anjou », la commune fut érigée en Duché-Pairie par Louis XIV au bénéfice de son ancienne maîtresse, Louise de la Vallière, et comme cadeau d’adieu. Avant cela, cette belle enceinte résista aux assauts des Anglais pendant la guerre de Cent Ans et fut rénovée par Jean V de Bueil dit «le Fléau des Anglais». Au XIXe siècle, la forteresse fut abandonnée et servie de carrière à matériaux. Se promener dans ces ruines envahies par la végétation est une balade à travers l’histoire de France aussi touchante qu’onirique.
Le Château des 7 Tours, situé à mi-chemin entre Champchevrier et Vaujours, possède un restaurant, un golf de 18 trous et 22 chambres confortables.
Tél. : 02 47 24 59 67.
Carnet pratique
Y ALLER
Depuis Paris, comptez 2 heures de train depuis la gare Montparnasse jusqu’à Langeais (changement à Tours ou à Saint-Pierre-des-Corps) ou 3 heures de route en voiture (prendre l’A10 jusqu’à Tours, bifurquer sur l’A85 direction Nantes et prendre la sortie 7 : Saumur avant de rejoindre la D952 qui mène à Langeais).
Plus d’informations : office de tourisme de Langeais.
[Initialement publié en 2021, cet article a fait l’objet d’une mise à jour.]